|
Président-fondateur de l'Observatoire de Triel-sur-Seine
et fondateur du Parc-aux-Etoiles,
Jean-Paul Trachier est décédé le 19 décembre 2007 à la Neuve-Lyre dans sa 83ème année.
Lors de ses obsèques célébrées le 24 décembre en l'église de Triel sur Seine, ses amis lui ont rendu hommage :
Salut Jean-Paul !
Il est loin le temps, dans les années 40, au collège Stanislas, où nous redoutions la sévérité du R.P. Pouchard, Préfet des classes de seconde, après avoir participé à un chahut ou cassé un carreau avec le ballon de foot !
Je pense aux furieux assauts d'escrime qui nous opposaient et à notre antipathie pour l'occupant qui nous rapprochait. En 1944, sous l'uniforme de la RAF, tu as montré la cohérence de ton engagement.
Vint le mariage et tes trois enfants, Martine, Francine et Olivier.
Ensuite, tu as sévi dans la commercialisation du papier peint, de la moquette pour un groupe allemand.
Vinrent enfin les relations humaines pour la Foire de Paris, le syndicat du textile, tu as même créé ta propre agence de publicité.
Mais, pour moi l'essentiel c'était ton talent de pêcheur de truites, ton goût pour le dessin et l'aquarelle, enfin l'irrésistible attrait qu'exerçait sur toi la musique, celle du jazz en particulier. Lors de tes improvisations au piano, ton regard laissait deviner un bonheur inexprimable, celui de ton éternelle jeunesse.
Rien d'étonnant à cela : ta charmante maman était professeur de chant et ta sœur éminent professeur de harpe. Bon sang ne saurait mentir !
Enfin, tu as tenu les fonds baptismaux l'Observatoire de Triel, qui pour toi s'intitulait plutôt " le partage dans les étoiles " pour en faire un outil pédagogique de premier ordre. Mais d'autres que moi sont plus qualifiés pour en parler.
Alors, je te dis merci pour tout ceux que tu as aidés,
Merci pour ta chaleureuse amitié,
Et je fais une petite prière pour que le Seigneur t'accueille dans Son amour.
Salut l'artiste !
Michel Guyot
* * * * * *
Cher Jean-Paul Trachier,
Permettez que je vous appelle ainsi, cher Jean-Paul, comme je le ferais pour un vieil ami.
Vous avez toujours été pour moi un personnage hors du commun, à la fois respectable et drôle, toujours naturel et tellement attachant.
Notre dernier contact est récent, puisqu'il s'agissait pour vous de proposer une distinction pour l'un de vos disciples, et vous aviez toujours cette fougue pour défendre votre " protégé " et me demander à moi, le Maire de la commune et président de l'Association du Parc aux Etoiles, mon avis et mon appui, évidemment apporté sans condition, votre proposition étant tellement juste et méritée.
Ainsi, une nouvelle fois vous avez manifesté la générosité qui vous caractérise, qui était celle de votre engagement, à la sortie de l'adolescence dans la Royal Air Force, qui était celle de toute votre action bénévole au profit de vos passions, l'Astronomie et les Médias qu'ils soient radiophoniques ou magazines Presse.
Généreux, vous l'avez toujours été quand il s'agissait de réaliser la mise en scène de l'univers dans les galeries en lumière noire de votre rêve d'enfant, le Parc aux Etoiles.
Généreux toujours, quand vous preniez en charge financièrement quelques investissements ou donniez les instruments personnels qui vous paraissaient plus utiles à l'observatoire plutôt que chez vous.
Généreux enfin, quand vous partagiez votre profonde culture et vos grandes connaissances avec ce public qui vous passionnait tant et que vous avez su " tutoyer " à travers les ondes, à la foire de Paris, ou dans les innombrables conférences que vous avez su donner à Triel ou ailleurs.
Cher Jean-Paul, vous avez été pour beaucoup, réunis ici ce matin ou trop loin, mais n'en doutons pas, en étroite pensée avec nous, un " copain " comme vous aimiez à le dire dans ce langage familier, tendre et gouailleur qui vous caractérisait.
Mais vous avez été aussi et surtout un exemple et un maître.
Combatif, vous ne vous avouiez jamais vaincu. Vos convictions étaient inébranlables et votre force de persuasion redoutable.
C'est ainsi que vous avez convaincu Amour Quijoux, maire de Triel à l'époque, de l'intérêt de construire ce fameux Parc aux Etoiles qui est aujourd'hui l'espace muséographique du Nord Yvelines le plus visité par les enfants (10 000 par an).
Imaginatif, créatif, poète, ingénieux, curieux, toutes ces qualités étaient les vôtres et votre force particulière était de savoir les transmettre.
Votre savoir était celui d'un humaniste.
Votre savoir-faire était celui d'un chef de chantier et d'un architecte.
Votre talent était celui du faire-savoir.
Pédagogue, vous avez su vous entourer des meilleurs pour dire, lire, écrire, montrer et démontrer les lois et les merveilles de l'Univers.
A l'heure où vous avez rejoint votre collaboratrice la plus fidèle et la plus attentive à votre enseignement, Chantal de Oliveira, je voudrais vous remercier, cher Jean-Paul, pour tout ce que vous avez donné, à Triel et à tous les Triellois.
Trachier en patois normand, c'est chercher.
Il ne fait pas de doute que vous avez cherché à comprendre, à expliquer, à comparer, à convaincre, et comme l'a dit le Général de Gaulle, que vous aviez rejoint à Londres, c'est bien de chercher, mais c'est mieux de trouver.
Aussi nous espérons tous, cher Jean-Paul, que vous avez trouvé votre route dans votre univers, après avoir si bien tracé votre chemin sur la Terre, et que vous arrivez en vue de l'inaccessible Etoile.
Merci Jean-Paul, pour ce bout de chemin parcouru ensemble.
Jean-Pierre Houllemare
Président du Parc aux Etoiles
Maire de Triel-sur-Seine
* * * * * *
C'est avec une grande tristesse que nous sommes là, Jean-Paul. Mais nous sommes là, surtout, pour te remercier.
En fondant l'Observatoire et en l'animant pendant près de 25 ans, tu as montré que ta soif de connaissances était partagée. Partagée par de doux rêveurs ou des techniciens du savoir mais aussi des enfants, des familles, tout simplement le public.
Grâce à ton célèbre bagout, tu as réussi à convaincre pour fondre cette volonté de partage dans un nouveau projet : le Parc-aux-Etoiles.
Dans un labyrinthe en lumière noire, tu as recréé l'Univers en trois dimensions et en couleurs. Immergé dans l'obscurité, le visiteur contemple l'Univers du plus loin jusqu'à chez nous, le Système Solaire.
Mais cela, il a fallu le créer. Et c'est avec les membres de l'Observatoire, dormant souvent sur place, que tu as placé ces 23 000 étoiles, les constellations du ciel boréal ou les galaxies. Non content d'avoir fait tout cela, tu es allé à l'essentiel : placer l'Homme au centre de notre histoire. Par la recherche du savoir, nous construisons jour après jour notre avenir.
Avec le Parc-aux-Etoiles, tu as voulu que le savoir s'ouvre à tous les publics. Tu as voulu que les sciences soient partagées par le plus grand nombre et tout cela dans un endroit magnifique, tout simplement beau.
Pour tout cela, merci Jean-Paul.
Philippe Gineste
Directeur du Parc-aux-Etoiles
* * * * * *
Mesdames, Messieurs, mes chers amis.
Je ne ferai pas aujourd'hui un long éloge funèbre pour notre ami Jean-Paul Trachier, qui vient de nous quitter après 82 années passées, dans 7 vies bien remplies.
Car Jean-Paul a eu 7 vies. 7 vies faites de passions.
Sa première vie, fut une enfance au goût de miel, près de parents et de grands-parents aimants et bienveillants, dans un milieu d'artistes, au goût raffiné et sur. Ces premières années ont façonné un Jean-Paul Trachier artiste et sensible, traits de caractère qui ne l'ont jamais quitté.
Sa première vie fut brusquement interrompue au sortir de l'adolescence, par un traumatisme qui le tourmentera toutes ses vies suivantes.
Sa deuxième vie, s'emballe à 17 ans, et se poursuit maintenant en Angleterre, dans la France libre, à bord de chasseurs-bombardiers américains. Jean-Paul s'engage dans la RAF, pilote, bombarde, mitraille... et s'en tire sain et sauf. Cette deuxième vie va le hanter, le poursuivre. A tout jamais. Pour quoi lui est-il resté en vie, alors que tant de copains ne sont pas revenus ? On le décore pour cela de toutes les médailles civiles et militaires, françaises et étrangères. Lui n'oublie pas...
Sa troisième vie, c'est celle d'un père de trois enfants, dont il est fier et à qui il a transmis le goût de l'art et notamment celui de la musique. Il a aussi des petits-enfants...
Sa quatrième vie, elle est professionnelle. Il devient Commissaire Générale de la Foire de Paris. Il rencontre à ce titre les plus grands de l'époque, journalistes, écrivains, politiques...
Sa cinquième vie, c'est une passion qu'il possède depuis sa plus tendre enfance. Il s'évade avec et elle lui procure un grand plaisir. Car Jean-Paul la partage avec le plus grand nombre et surtout avec les enfants. Elle le mène à fonder l'Observatoire, ici, à Triel, puis le Parc-aux-Etoiles de France. Elle le mène à faire des rencontres avec les plus grands astronomes et à lier des amitiés solides. Peut-être aussi profondes mais sûrement différentes, de celles de ses frères d'armes passées. Les canons se sont tus, Jean-Paul fait parler les télescopes... Il déniche de jeunes talents et les magnifie. Il fédère les gens. C'est un philanthrope et il soutien des générations d'astronomes qui deviennent de grands professionnels ou de brillants amateurs. Certains sont aujourd'hui, ici présents.
Sa sixième vie, l'a toujours accompagné : c'est sa vie d'artiste, de créateur qu'il tient de ses ancêtres. Elle ne s'explique pas. Peintre, dessinateur, musicien, photographe, c'est aussi un écrivain et un journaliste hors pairs. Il n'a pas son pareil pour raconter et transmettre. Pour partager et transporter. A la radio, à la télé. Il crée des magazines sur les sciences, la Nature, l'astronomie, l'astronautique. C'est un acteur, un interprète, un virtuose, une vedette, une étoile...
Voici venue maintenant l'heure de sa septième vie. Celle qui tiendra la plus grande place dans nos cœurs. En route vers les étoiles, vers son étoile, Jean-Paul nous fait un signe. C'est un signe de courage, un signe incroyablement puissant. Soyez forts, nous dit-il, soyez optimistes, volontaires. Ayez de la volonté et du talent. Ne soyez pas médiocres. Soyez exigeants. Forcez un peu la chance aussi. Forcez le destin, faites que tout devienne possible...
Jean-Paul a eu une vie bien remplie. Elle ne pouvait que mal finir. Le Grand Petit Homme s'en est allé à la fin de l'automne, sans attendre Noël. Il était fatigué mais avait toujours mille projets et cette fougue, cette vivacité, l'œil pétillant, un brin coquin, impertinent...
Jean-Paul nous a quitté, mais il reste pour toujours avec nous, pour nous.
C'est bien qu'il ait vécu. C'est un privilège que de l'avoir connu.
Gilles Dawidowicz
Président de l'Observatoire de Triel-sur-Seine
|
|